Hérisson, hérisson
petit frère,
celui qui jamais n’a connu
le velours de ton ventre
ne sait rien de l’univers.

(André Rochedy)

Sa façon de débusquer les scarabées, les cafards, les chenilles, les vers et parfois manger les grenouilles, constitue son univers tranquille et discret dans des bosquets à l'écart des humains. Son inaptitude face aux champs immenses sans aucun bocage, autrement dit, son penchant pour le modeste le marginalise faisant de lui un parfait indicateur de la santé de nos haies et de nos jardins.


On serait tenté de dire que si un lieu ne convient pas au hérisson c'est qu'il ne convient à personne.

« ..L’urbanisation a contribué et contribue de plus en plus au déclin de l'espèce. Le hérisson adore les interstices, les coins sauvages et fouillis fait de ronces où ils se dissimulent dans la journée ou pendant l'hiver. Il faut défragmenter les cités afin qu'il y ait davantage de friches, le hérisson se meurt car nous ne savons pas ce que nous lui faisons subir.

Sans cette connaissance nécessaire de l'animal, très silencieusement un monde inoffensif se fait maltraiter agresser et le fait qu'il ne se voit presque pas, on n'en parle guère.

Si l'on n'adopte pas une doctrine d'action rapide, le hérisson s'éteindra d'ici quelques décennies et ne sera plus qu'un simple souvenir pour les générations à venir. »

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jeudi 20 novembre 2008

hary, le petit hérisson...















Bonjour...

Vous vous souvenez de moi?

Non?

Rappelez-vous...
Une petite boule de chair et de piquants... L'autre jour, vers deux
heures du matin, sur la départementale 124... Mais si... Vous m'avez vu
un instant dans la lumière de vos phares, et vous avez même entendu le
bruit de mes entrailles éclatant sous le poids de vos roues.

Oui...
Je suis le petit hérisson que vous avez écrasé, sans un remords... Le
petit hérisson qui a agonisé de longues heures sur le bitume glacial,
en regardant ses propres organes répandus... Le petit hérisson qui est
mort un peu avant l'aube, après qu'une autre voiture lui est passée
dessus.

Je suis le petit hérisson écrasé, vidé de ses tripes,
par un conducteur à moitié ivre, roulant à 130 km à l'heure sur la
départementale 124. Je suis le petit hérisson qui ne demandait rien
d'autre que de traverser en paix cette route pour rejoindre sa famille.
Je suis le petit hérisson assassiné, supplicié.

Vous n'avez
pas eu la moindre pensée compatissante pour mon calvaire, ma douleur,
pour tout ce que j'ai ressenti... La mort, l'idée que je ne reverrai
jamais mes petits, mes petits que vous écraserez un jour de la même
manière.

Peut-être l'avez-vous fait exprès... Par plaisir.
Vous rêvez de faucher un enfant sur un passage clouté, de percuter un
landau, mais vous n'osez pas. Vous avez peur de la justice des hommes.
Alors, vous écrasez les hérissons.

Mais vous ignorez que les hérissons ont leur propre justice, et qu'elle vaut bien celle des hommes.

J'habite
à présent votre voiture. J'habiterai toutes vos voitures. Et ma voix,
mes cris, retentiront jusqu'à vous rendre fou. Un jour, vous perdrez le
contrôle, et finirez contre un arbre, les jambes brisées, le visage
arraché.
Vous souffrirez comme j'ai souffert.
Et la mort ne viendra pas vous délivrer. Car les hommes soignent leurs blessés. Ils vous soigneront.

Et dans votre fauteuil roulant, vous m'entendrez encore.

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Merci

d'avoir parcouru les messages de mon blog et de vous intéresser à la vie des hérissons